23.01.2007

Session de surf

Aujourd’hui, je suis allé faire du surf à Saint-Gilles, où les vagues atteignaient une hauteur de 6-7 pieds. Je ne vous dis pas ma joie, surtout que j’ai réussi à prendre quelques belles vagues. J’y suis allé avec Dominic, un Suisse que j’ai croisé au hasard sur le campus.

 

Le trajet pour s’y rendre est une vraie calamité! En gros, d’après ce que j’en ai compris, c’est parce que l’Ile ne comporte que deux routes : une qui en fait le tour (qu’ils appellent la route du littoral) et une qui est en construction. Pas si mal, se diront certains, il y en a au moins une qui fonctionne bien.

 

Et bien, c’est faux. La route du littoral connaît bien des problèmes par les temps qui courent, notamment en raison  des hautes falaises qui la bordent et des rochers qui ont pris la mauvaise habitude d’y tomber.

 

Les chutes de pierres ont amené les autorités à prendre deux mesures très high-tech afin de protéger les habitants de l’île :

1-     Installer des filets (de pêche? Non confirmé) en mailles de métal le long de falaise afin de retenir le rocher qui tombe.

2-     Fermer la voie la plus proche des falaises pour protéger les automobilistes contre la colère de Dieu (parce que pour qu’un rocher de 8 tonnes tombe sur ta tête, tu dois obligatoirement avoir offensé quelqu’un de très puissant)

 

Bref, pour ceux qui excellent en math, l’équation est très simple et n’a qu’un résultat possible : des bouchons de circulation absolument affreux en quasi permanence sur les routes de la Réunion. Que de plaisir!

 

Mais néanmoins, après deux heures de surf, je commençais déjà à oublier tous ces menus tracas. Jusqu’à ce que je me retourne, exténué (c’est fatiguant, le surf, j’avais oublié) et que je vois 8 surfeurs arriver à pleine vapeur en gueulant comme des perdus. Intrigué, je tends l’oreille et entends finalement : REQUIIIIIINNNNN!!! 

 

Merde… Comme je dis toujours à propos des alertes aux requins, il n’existe qu’un seule option intelligente : revenir à la plage d’abord et poser les questions ensuite. En posant les questions, je me suis vite rendu compte que les gars avaient été plutôt impressionnés par la grosseur du requin. En tout cas, c’est ce que j’ai décodé de ce qu’ils racontaient.

 

J’aimerais juste mentionner en terminant que je suis toujours vivant et que j’ai bien l’intention de retourner surfer. Mais je vous jure que je reviendrai toujours à la plage lorsque j’entendrai crier REQUIIIN!

22.01.2007

Au menu

Partout, il y a de petits casse-croutes qui offrent divers spécialités réunionnaises. Le midi, les gens apprécient beaucoup les sandwiches, alors l'offre est assez spectaculaire. En tant que bon nouvel insulaire, j'ai voulu m'intégrer le mieux possible, alors j'ai décidé de me joindre à la coutume locale et d'ingérer moi aussi lesdits nouveaux sandwiches. Enlevez de votre imagerie mentale les petits en cas tels qu'ils les servent dans les restos de panini d'Amérique du Nord. À la Réunion, quand on parle de sandwiches, on parle de garniture inséré dans une baguette de pain. Ou dans un trois quart de baguette. Je ne suis pas encore certain, mais tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est gros.

 

Côté garniture, maintenant, le choix est large. Dakati-bouchons, Achard-poulet, Dakati-sarcives, etc. De Quessé??

C'est ce que je me suis dis moi aussi. Mais on ne parcourt pas 15 000 km pour se commander un panini au jambon forêt noir, j'imagine. Donc, on se lance : j'ai choisi comme baptême le dakati-bouchon. Les bouchons, c'est quelque chose qui se rapproche d'une boulette de porc enveloppé dans un peu de pâte. Une boulette de soupe Won-Ton, pourrait-on dire, mais avec moi de pâte et plus de viande. Jusqu'à date, pas de problème, je suis en terrain connu.

C'est avec la Dakatine que ça se gâte. Je vois la serveuse étendre une espèce de pâte brunâtre dans le fond de ma baguette (ou mon trois quart de baguette, c'est selon) et je commence à devenir nerveux. "Qu'est-ce que cela?", je lui demande dans mon meilleur français international. Elle me répond que c'est de la pâte de pistache avec quelques épices. Et qu'il est trop tard pour changer d'idée (c'est plutôt ce que moi je me suis dit).

C'est néanmoins avec méfiance, une fois le sandwich reçu, que je me trempe le doigt dans la substance brune. Je ne sais pas encore pourquoi ça m'a surpris, mais c'était plutôt épicé. Disons même trop épicé pour la majorité des québécois, mais à la limite de ce que je peux personnellement tolérer. C'était finalement bien bon, ce qui explique que j'y soit retourné le lendemain (soit aujourd'hui - ou hier, si vous lisez demain).

 

Deuxième choix : Achard-Poulet. Pour ceux qui ne connaissent pas le poulet, cherchez dans le dictionnaire, je n'ai pas de temps à perdre avec vous (parce que du temps à perdre tout court, j'en ai pas mal par les jours qui courent). En ce qui concerne l'Achard (ou les achards, je ne sais pas trop), il s'agit d'une espèce de garniture de légumes (carottes, choux et piments-forts sont les trois seuls que je suis parvenu à identifier) accompagné d'une vinaigrette (ou sauce) jaunâtre non-identifié (une vjni). C'était encore meilleur. Un peu moins épicé et plus diversifié, comme goût.

Bref, il ne me reste qu'à essayer les sarcives pour être fixé sur les garnitures de sandwich de ce kiosque. Je sais pas pour vous, mais pour moi, une sarcive pourrait ressembler à une sardine que ça ne me surprendrait pas vraiment. Mais je me trompe sur à peu près tout depuis que je suis ici...

 

Et pas moyen de trouver un criss de linge à vaisselle au "Jumbo Score", le magasin de la place. Pourquoi "Score", anyway. Ils auraient pas pu choisir "Store" comme tout le monde, non?

Pour les "tomato lovers"

Rapport qualité-prix assez intéressants pour les tomates, ici.

80 cents le kilo. Le kilo!

 

Devinez qui va se gavez de tomates?

 

Anyway, vous devriez voir les concombres. Je ne veux pas entendre de joke de rentrage de concombres dans un quelconque orifice tant que je suis ici. Ça ne serait pas humain...

20.01.2007

Bienvenue à la Réunion

 Bienvenue à la Réunion. Il est 10h33 et il fait 29 degrés.

 

Après les trois jours passés à Paris, la nouvelle fut plutôt bien accueillie. Là-bas, il a plu et les vents s’élevaient à plus de 90 kilomètres à l’heure. Même s’il faisait chaud – environ 10 – le temps n’était pas vraiment propice à quoi que ce soit. Il faut néanmoins reconnaître, avec toute la bonne volonté du monde, que mon petit corps (et spécialement sa peau un peu trop blanche au goût du soleil local) de québécois n’était pas prêt à faire face à une telle température (je parle du 29), tout comme il semble moyennement prêt à accepter la nourriture réunionnaise, mais il s’agit là d’une question dont je ne parlerais pas plus longtemps.

 

Bref, comme vous pouvez vous en douter, Paris fut calme, très calme. Un peu comme la Réunion, mais pour d’autres raisons. Je m’y suis un peu promené, et j’ai même eu le temps d’y croiser une boutique nommée « Gentlemen Farmer » ! Si ça n’impressionne personne, dites-vous que fallait quand même que j’en parle, au moins pour mon frère.

 

J’ai aussi eu le temps d’entendre une question assez savoureuse d’une des députées de l’Assemblée Nationale française (ben quoi?), qui est la suivante :

 

« Monsieur le ministre de la famille, je tiens d’abord à vous féliciter pour l’augmentation du taux de natalité cette année, les françaises ayant finalement atteint la moyenne de deux enfants par femme. Suivant ce constat, ma question est de savoir ce que vous êtes prêts à faire personnellement pour que cette moyenne passe à trois par femme. »

 

La belle question, toi! Faut dire qu’elle a été préparée d’avance, en plus. Rien de très glorieux là-dedans…

 

Pour en revenir à la Réunion, disons que le rythme de vie ici est plus lent que lent. Si vous aviez vu le tour du Campus que la responsable du service international m’a fait faire, c’était proprement hallucinant. Elle en a profité pour aller voir ses potes et leur transmettre ses vœux de bonne année! Je ne suis pas le gars le plus pressé au monde, mais j’en avais pas mal plein le cul à la fin. Je crois néanmoins que je ferai bien de m’y habituer parce que ça semble être la règle ici. On dirait que l’activité principale de l’île est de se trouver un petit coin d’ombre pour y pratiquer la « fariente » jusqu’au coucher du soleil.

 

Disons que le stress n’est pas vraiment un problème ici. Ce qui est le plus surprenant, c’est l’omniprésence du créole, dont je ne comprends pas une miette, soit dit en passant. Je dirais à vue de nez que les gens parlent pour la plupart moitié français et moitié créole. Ça dépayse, je vous jure.

 

Autrement, la vie suit son cours à la Réunion. Les résidences universitaires sont vides pour l’instant puisque les cours ne commencent que dans une semaine et demie. J’essaie donc de ne pas crever, que ce soit d’insolation, du chikungunya, ou d’ennui. Surtout le dernier, pour l’instant. Moi qui avais peur des maladies que je pouvais attraper ici, disons que je leur ai amené une grippe de première classe! D’ailleurs, c’est assez bizarre sous un tel climat…

30.09.2005

Le frigidaire

Le frigidaire est en pleine ébullition! Une branche de céleri a réussi à tremper ses feuilles dans le pot de Cheez-whiz. Obscénité innommable! Traîtrise! Il avait pourtant été bien averti. Rien n'y fit. Obsédé par ses désirs, en perte de contrôle, le céleri préfère la gratification immédiate à la possibilité d'un obscur paradis. Même la petite vache n'a pu résister et a du détourner son regard.
Dans les bas étages, on s’agite et on discute. On se demande comment Dieu réagira. On suggère quelques sacrifices végétaux afin d’apaiser sa colère. « Laissons moisir quelques carottes et tout rentrera dans l’ordre », murmurent les bouteilles de bières aux sacs de lait. « Brillante idée! », rétorquent les viandes froides. « Mains non », s’indignent les végétaux, qui se savent dans l’eau chaude. « Déchirons un sac de lait, l’odeur impressionnera… ». Et la chicane recommence de plus belle. Le pain, quant à lui, boude. L’amour est cruel et le Cheez-whiz indigne. « Moi qui croyait l’avoir dans la peau », peste-t-il.
Les condiments, eux, ne s’en mêlent pas. Ce sont les doyens du frigidaire et ils sont las de ces incessantes discussions. Aucun de vous ne sera encore ici dans une semaine, pensent-ils avec l’amertume de ceux qui en ont déjà trop vu. Ils savent que leur fin aussi approche. Ils sentent leur substance qui s’envole peu à peu, leurs âmes qui lentement s’échappent de leurs réceptacles physiques.
Une lumière éclatante envahie l’espace habituellement sombre du frigidaire et tous les aliments, transis de peur, retiennent leur souffle. Personne n’ose bouger. Le céleri et le Cheez-whiz disparaissent soudainement, en même temps que la lumière.
« C’était quoi ça? », soufflent les kiwis récemment débarqués. Et tous repartent de plus belle en vaines spéculations.